Le collectif

Le Français pour tous est une démarche inter-associative qui regroupe des associations œuvrant dans le champ social et de l’apprentissage du français.

Depuis plusieurs années, notre objectif est de promouvoir l’accès à l’apprentissage du français pour tout adulte, notamment migrant, qui le souhaite sans condition de niveau, durée, parcours, statut.

Les membres du collectif

La Fédération des Centres Sociaux et Socioculturels de France

Elle fédère 1 200 centres sociaux sur les 2 000 existants en France. Sur le terrain de l’apprentissage du français, l’observatoire partagé avec la CNAF permet de repérer en 2014 que sur les 1 279 centres enquêtés cette année-là, 63% organisent des actions d’apprentissage du français sous des formes différentes. Cela concerne 38 000 personnes. La mise en place de ces actions repose régulièrement sur des « coordinateurs » qui interviennent en direct auprès des publics mais également accompagnent des équipes de bénévoles et participent, lorsqu’elles existent, aux espaces de concertation locale.

S’appuyant sur sa mission d’animation globale, le centre social propose des parcours d’apprentissage du français qui permettent également de la création de lien social, une meilleure appréhension et compréhension du fonctionnement de la société dans laquelle nous vivons ensemble. C’est aussi l’occasion de découvrir, utiliser, ou proposer à d’autres membres de la famille, d’autres services, activités et projets menés au sein du centre social.

Germae

En 1963, au lendemain de l’indépendance de leur pays, des militants algériens ont souhaité contribuer à la formation de leurs compatriotes émigrés en France en s’attaquant au problème de base: l’analphabétisme.
Né alors GERMAE: Groupe d’Entraide Régional pour Mieux Apprendre Ensemble.
Par la suite ces actions se sont diversifiées: GERMAE accueille aujourd’hui des femmes et des hommes de différents pays, peu ou pas scolarisés ou ayant un passé scolaire non francophone.

Aujourd’hui GERMAE mène des actions dans huit lieux en Île de France.

La cimade

La Cimade est une association de solidarité active auprès des personnes étrangères, demandeurs d’asile, réfugiés et migrants. Ses activités sont plurielles : accès et défense des droits des personnes dans des permanences juridiques Cimade, des établissements pénitentiaires et en centres de rétention administrative, activités de sensibilisation de l’opinion, plaidoyer auprès des pouvoirs publics, actions de solidarité internationale. La Cimade dispose également d’un centre d’hébergement de personnes réfugiées et d’un centre d’accueil de demandeurs d’asile.

Environ 100 000 personnes sont ainsi accompagnées chaque année par près de 2 000 bénévoles et 100 salariés. Une trentaine de groupes locaux de La Cimade mène une activité d’apprentissage sociolinguistique dans différentes villes, répondant ainsi aux besoins des personnes étrangères, quelle que soit leur situation administrative, Cette activité tend aujourd’hui à se développer.

Le Radya

Le RADyA (Réseau des Acteurs de la Dynamique des Ateliers socio-linguistiques) est une association cofondée par des acteurs de terrain et qui porte et développe historiquement la pédagogie des ateliers sociolinguistiques (ASL). Il s’agit d’une pédagogie opérationnelle visant l’autonomie sociale et communicative d’adultes migrants.

Tête de réseau de structures de proximité (centres sociaux, associations de quartiers), 114 adhérents en 2016, le RADyA anime un réseau d’acteurs, forme les intervenants à la pédagogie des ASL – près de 800 formateurs et coordinateurs formés en 2016 – élabore des outils pédagogiques et mutualise les pratiques sur le site ressource.

Secours Catholique

Le Secours Catholique regroupe plus de 67 000 bénévoles, agissant dans plus de 4 200 équipes réparties dans les 76 délégations du territoire métropolitain et ultramarin. Parmi ces équipes, plus de 250 développent des actions relatives à l’apprentissage de la langue, ce qui mobilise près de 2 000 bénévoles.

Alphabétisation, cours de français (FLE), ateliers sociolinguistiques (ASL), les formes et les modalités sont variées. Mais elles visent toutes, à travers l’apprentissage de la langue, à aider les migrants en situation de précarité administrative ou sociale, à trouver les moyens d’un épanouissement individuel et collectif en accédant à leurs droits, et à prendre toute leur place dans la société.

L'historique

Quelques éléments historiques des institutions et cadre légal de l’accueil des migrants et réfugiés en France

Créé en 2009,

l’OFII est placé en 2010 sous la tutelle du ministère de l’intérieur, de l’outre-mer et des collectivités territoriales, alors que les services de l’Etat qui géraient auparavant les mêmes missions (ONI, OMI, ANEM) relevaient des ministères sociaux du travail et de la santé,

2009

Il a été demandé aux préfets de tenir compte, lors du premier renouvellement du titre de séjour, du respect ou du non-respect par l’étranger des stipulations du contrat d’accueil et d’intégration (CAI), liant de fait les formations linguistiques à la délivrance des titres de séjour.

2007

instauration du DILF qui atteste des compétences linguistiques de base en français.

2004

La lutte contre l’illettrisme et l’apprentissage de la langue française entrent dans le champ de la formation professionnelle continue.

2003

la loi relative à la maîtrise de l’immigration subordonne la délivrance d’une première carte de résident à « l’intégration républicaine » de l’étranger, appréciée en particulier à travers une connaissance suffisante de la langue française.

1998-2000

L’illettrisme devient cause nationale. Création de l’ANLCI.

1995-1998

Passage progressif d’une logique de l’offre à une logique de commande publique pour les services de formation offerts aux usagers.

1994

Réorganisation des formations linguistiques financées par le FAS. La circulaire de décembre précise : « L’apprentissage du français pour les étrangers fait partie intégrante des dispositifs départementaux d’accueil ». Les personnes qui maîtrisent mal le français et notamment les femmes se voient proposer un crédit de 200 h de formation linguistique.

Les « Formations de base » concernent la lutte contre l’illettrisme, la remise à niveau et l’insertion socioprofessionnelle.

1988

L’ONI devient l’Office des Migrations Internationales (OMI).

1981

Renforcement des actions de formations à dominante linguistique dans les programmes. Note de cadrage des actions d’adaptation linguistiques financées par le FAS : « pédagogie active par objectifs et centres d’intérêt, pédagogie de la réussite fondée sur la valorisation des résultats ».

1976

Création d’un niveau / seuil de connaissance du français

Début des années 70 : dans le cadre de la Loi sur la formation continue, l’alphabétisation des étrangers commence à se structurer à travers de nouvelles formations.

1958-1974

Vagues d’immigration (ibériques, maghrébines). En parallèle, le Fonds d’Action Sociale pour les travailleurs étrangers, FAS, voit ses compétences élargies bien au-delà du social.

L’ordonnance du 2 novembre 1945 créé l’Office national de l’immigration (ONI) et le charge à titre exclusif de « toutes les opérations de recrutement et d’introduction en France de travailleurs originaires des territoires d’outre-mer et des étrangers, du recrutement en France des travailleurs de toutes nationalités pour l’étranger ». Instauration des cartes de séjour de 1, 3 et 10 ans. La connaissance du français devient un critère requis pour la naturalisation.

1926

Création du Service social d’aide aux émigrants et immigrants, auquel l’Etat confie une mission de service public : « organiser et assurer, dans le cadre de la politique d’accueil et d’intégration définie par le gouvernement, un service social spécialisé en direction des personnes d’origine étrangère vivant en France ». Reconnu d’utilité publique en 1932.